John Cornu

Né en 1976 à Seclin, vit et travaille à Paris.

Récompensé du Prix Découverte des Amis du Palais de Tokyo en 2010, John Cornu compte à son actif des expositions personnelles en divers lieux en France mais aussi en Belgique, en Allemagne et au Canada, souvent à la suite de résidences. Pour ce plasticien, il est indispensable de bien connaître un lieu pour pouvoir y créer. En effet la sculpture de Cornu s’adapte à l’espace dans lequel elle se trouve, ses oeuvres prenant pour point de départ leur contexte et leur environnement.

Dans chacune de ses réalisations, il joue avec les matériaux d’une façon à la fois minimaliste et organique. L’installation Sonatine (2008) met en scène des néons usagés et altérés pour donner une nouvelle conscience au visiteur de l’espace qui l’entoure. À la Villa Savoye, conçue par le Corbusier, Cornu réalise en 2007 l’une de ses œuvres les plus importantes, Plan Libre, en démultipliant les pilotis pour procéder à ce qu’il appelle une « greffe architecturale ». L’œuvre de John Cornu met souvent en évidence une dualité entre action et inaction, que ce soit par des colonnes qui ne participent pas au support d’un monument, ou par des lampes cherchant à faire remarquer leur labeur par des grésillements.

Sa proposition pour « Temps Etrangers » impose un élément brusquement réaliste, presque brutal, coutumier dans ses oeuvres. Dans une réalisation pensée pour Mains d’Œuvres, il accrochera une série de billots de bouchers achetés d’occasion, pour rendre sensible la présence d’objets “actifs” mais aussi victimes de longues heures de travail. Ces billots usagés, pièces-témoins du temps de travail du boucher, sont érodés par la découpe de la viande. C’est une réflexion poétique qu’apporte cette série d’objets: ils se ressemblaient lors de leur création, ils sont devenus uniques après des années de travail. La sérialité offre une vue comparative qui ne fait que rendre plus claires leurs différences. Il s’agit de souligner le pouvoir formatif de l’expérience du travail, car, semblable à des vagues polissant les galets, le travail nous change, nous et les outils qui nous assistent.

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